Dimanche dernier j’ai eu une déchirure dans mon coeur.
J’ai longtemps hésité prendre une photo mais je me suis dit que cela n’était pas correct.
J’avais décidé de flâner à pied dans Paris ce dimanche soir de Pyramides vers les Champs Élysées. N’ayant pas un grand sens de l’orientation, me trompé-je alors de chemin … j’allais dans la direction de Chatelet.
Le premier arrondissement de Paris, quel beau quartier !! Tout ce luxe, toutes ces lumières. J’étais assez émerveillé il faut l’admettre. Se perdre dans pareil endroit ce n’est pas la “mort”.
Néanmoins au fil de mes déambulations, j’approchais des grands palaces parisiens. Et il y en avait du monde à table. Afin de goûter le dernier mets de saison, de discuter autour d’un bon vin, d’une petite tasse de chocolat. Je les enviais, oui un peu. Mon regard traversait les vitres des grandes fenêtres, je pouvais presque sentir le fumet des plats. La chaleur qui régnait dans la pièce était palpable. Je sentais le rembourrage moelleux des fauteuils. J’entendais le tintement des verres remplis de la douceur aigre d’un certain grand cru.
Oh quel délicieux rêve! Rêve ? Non, cela se passait sous mes yeux, non seulement des miens mais aussi d’autres, affamés.
Oui, juste au numéro d’à côté, sur le palier ou sous le porche essayaient de se reposer aussi bien que possible quelques mal lotis. Emmitouflés dans des couvertures miteuses, ce sont les opulents de pauvreté.
Le contraste est saisissant, je voyais au travers de la fenêtre des feux d’artifices de goût, de couleur, de senteur et de chaleur et au premier plan un froid morne gris, une sensation de presque-mort.
Mon souhait ici dans ce monde est que Dieu les bénisse tous, qu’afin que ceux qui ont pourvoient à ceux qui n’ont pas et qu’ils connaissent tous la grandeur de Son nom.
